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E2 - Le captage et l’aménagement d’une source. Les diverses techniques

  1) De quoi s’agit’il ?


De se procurer de l’eau de qualité en allant la puiser à la
source mais en la captant et en l’aménageant pour éviter les situations,
encore nombreuses, où les populations, comme ici, (Photo Caritas
Ethiopie)
n’ont encore d’autre choix que de la puiser à l’emplacement de sources non protégées.

  2) Pourquoi utiliser ce moyen ?

Parce qu’il s’agit d’un procédé à la fois simple et peu onéreux utilisé depuis l’antiquité permettant
d’obtenir une eau pure, d’accès proche et facile et le plus souvent
gratuite. Le captage de sources peut être aussi plus élaboré et associé à
la construction d’un mini-réseau d’adduction d’eau desservant par
gravité un ou plusieurs villages éloignés du lieu du captage (Voir la
fiche E 45 « Création de mini réseaux hydrauliques »)

  3) Qui est surtout concerné ?

 Ce sont essentiellement les habitants de villages ruraux de montagne ou de zones défavorisées. 

  4) En quoi consiste ce procédé ? Comment est-il mis en oeuvre ?

Il existe 3 principales méthodes pour capter et
aménager une source : une méthode simple, une autre si l’on veut y
adjoindre un réservoir et une méthode par drainage.
Le choix de la méthode dépend des caractéristiques de la source
(emplacement, débit, étendue, consommation à satisfaire). Si son
émergence est très précisément localisée et peu profonde (moins de 2m)
et si la consommation prévue est inférieure au débit de la source, on
utilise la méthode la plus simple . Si on se trouve dans un cas
semblable mais avec un débit inférieur à celui nécessaire à la
consommation, il faut construire également un réservoir. Si enfin
l’émergence de la source est diffuse ou profonde, il est nécessaire de
prévoir un drainage en amont de la source .

a) Méthode simple, la plus courante

On peut l’appliquer surtout si la source émerge facilement toute seule avec un débit suffisant.

Le procédé comprend généralement 5 étapes :
- la première consiste, après avoir fait les études préalables de
terrain, de pureté de l’eau, de débit, de consommation et d’attente de
la population, à faire nettoyer, débroussailler, sarcler ,déblayer et
terrasser jusqu’à la couche imperméable du sol, avec l’aide de la
population, le périmètre de la source.
- la seconde a pour but de rassembler les filets d’eau dans un puits
d’eau ou boîte de captage. On creuse une tranchée pour aller récupérer
l’eau un peu plus loin afin qu’elle ne soit pas polluée au contact des
dernières couches de terrain qu’elle traverse. On remplit ensuite cette
tranchée de gros cailloux ou galets qui la filtrent et permettent à
l’eau de couler facilement.. Une fois le filtrage réalisé à l’aide de
graviers, on fixe à l’extrémité de la tranchée un ou plusieurs tuyaux
d’évacuation et on réalise à la sortie un mur de blocage à l’aide
d’argile ou de béton. La boîte de captage est ensuite couverte de
mortier. Il convient d’en assurer avec soin l’étanchéité à l’aide d’une
couche d’argile ou d’une bâche plastique, ou mieux des deux 
- la troisième porte sur la réalisation de l’ouvrage extérieur de
maçonnerie du lieu de puisage, et d’une dalle en béton pour que la
source ne se transforme pas en bourbier.
- la quatrième consiste à protéger l’ouvrage, le lieu et l’aire de
captage (couverture de la boîte de captage avec une couche de terre et
du gazon, clôture du bassin , mise en place au-dessus et autour de la
source d’une rigole de protection pour intercepter les crues de
ruissellement et creusement d’un petit canal d’évacuation des eaux non
utilisées) ainsi qu’à l’aménager, par exemple en prévoyant de petites
aires de lavage à proximité pour faciliter le travail des femmes 
- la cinquième consiste, après avoir vérifié le maintien de la pureté
de l’eau après travaux, à s’assurer que la population a bien assimilé
les notions d’hygiène qui lui ont été données et que le comité de
gestion ou la structure communale à qui est remise la source a bien les
compétences suffisantes et a pris les mesures nécessaires pour le suivi
et la maintenance de la source en bon état.

Coupe d’un captage simple (Doc. Caritas Burundi)
Captage de source au Burundi (Photo Caritas Burundi)

NB Si vous vous trouvez dans ce cas, inutile de consulter les 2 autres méthodes. Passez au Chapitre 6

Coupe d’un captage d’une source importante de qualité
avec réservoir, mais sans filtration (Doc.RéFEA) Aménagement d’une
source importante avec réservoir et filtration préalable en cas de moins
bonne qualiité (Doc RéFEA)

b) Méthode de captage d’une source avec construction d’un réservoir filtrant ou non.

Cette méthode est utilisée, soit lorsque le débit de la source est
trop faible pour fournir en permanence à la population (ou au réseau
auquel elle a été raccordée) la quantité d’eau nécessaire, soit
lorsqu’on souhaite récupérer pour d’autres usages (par exemple
l’irrigation de cultures voisines) l’eau qui n’est pas utilisée à
certaines heures de la journée ou la nuit.

Coupe d’un captage d’une source importante de qualité avec réservoir, mais sans filtration (Doc.RéFEA)
Aménagement d’une source importante avec réservoir et filtration préalable en cas de moins bonne qualité (Doc RéFEA)

 Deux techniques peuvent être utilisées en fonction de la qualité de l’eau recueillie :

Lorsque l’eau est pure (majorité des cas) on réalise pour le
captage de la source un ouvrage similaire au précédent mais en
remplaçant la boîte de captage par un réservoir
Lorsque l’eau doit être préalablement traitée , la méthode est la
même que la précédente mais le réservoir comprend deux compartiments
dont l’un contient un filtre constitué de graviers et de sable. L’eau y
pénètre, remonte toutes les couches de gravier et de sable et s’écoule
après filtrage de l’autre côté de la paroi. Elle est ensuite évacuée du
réservoir par un siphon ou envoyée dans un réseau.

c) Méthode de captage avec drainage sur grande surface

Celle-ci est utilisée lorsque la zone d’émergence de la source est
étendue et diffuse, donnant souvent au terrain un aspect marécageux. Il
faut alors capter l’eau à l’aide de plusieurs drains.
 Ces drains sont des conduits enterrés perforés permettant de capter
l’eau d’un aquifère par simple gravité. Ils sont le plus souvent
préfabriqués mais peuvent être réalisés facilement à même le chantier à
partir de tuyaux en PVC en les sciant partiellement ou en les
perforant et en fermant l’une des extrémités en la faisant fondre. Ils
peuvent être aussi réalisés avec des poteries ou des roches. A noter que
de tels drains sont aussi parfois posés pour accroître la capacité d’un
bassin de captage simple.
Pourquoi poser des drains ? Parce que lorsque l’on creuse une
tranchée dans un sol saturé en eau, tranchée qui a vocation à accueillir
un drain, il se produit un effet de « rabattement de nappe ». L’eau
diffuse présente dans le terrain a alors tendance à s’écouler
naturellement par gravité vers le drain.

Captage d’une source et raccordement à un réseau à Xieng Ngeun (Laos) (Photo un Habitat)
Captage et aménagement de source avec lavoirs à Yaoundé (Cameroun) (Photo C.Le Jallé PSEau)
 

Les drains acheminent l’eau vers la boîte de captage de la source.
Installés dans des tranchées,ils recueillent l’eau qui s’y écoule pour
l’acheminer vers cette boite de captage. Disposés de façon adéquate pour
capter le maximum de filets d’eau, ils sont posés à même la tranchée
sur des lits de graviers si l’eau n’est pas trop boueuse. Dans le cas
contraire, on les recouvre entièrement d’une couche de graviers, de
préférence nettoyés et calibrés, d’une vingtaine de centimètres qui
assurent une sorte de filtration et améliorent ainsi la qualité du
drainage. L’ensemble est recouvert d’un tissu protecteur filtrant de
type géotextile ou d’un tissu synthétique tissé. . On peut aussi
intercaler


du sable entre les graviers et le tissu du sable pour ne pas
déchirer le tissu et pour avoir des interstices de plus en plus étroits
entre le gravier et le géotextile ce qui améliore la filtration. Le tout
est recouvert de terre.
L’eau est ainsi collectée dans la boite de captage qu’il faut prévoir
suffisamment grande pour être visitée et en assurer l’entretien. Elle
est enfin acheminée vers la sortie par un tuyau.

  5) Précaution à prendre

- Il faut veiller à la maintenance du site ainsi aménagé,
notamment en définissant un périmètre de sécurité alentour afin de le
protéger de tous types de pollutions (engrais, déjections animales) qui
polluerait alors l’eau captée. Eventuellement, pour protéger
l’installation de l’érosion, il faut installer des fossés de dérivation
des eaux de ruissellement.
 -Le niveau d’eau dans le bassin de captage doit toujours être
au-dessous du niveau d’émergence de la source avant le début des travaux
sous peine de ne plus pouvoir capter l’eau de la source. Il est donc
plus prudent de prévoir également en sortie un tuyau de trop plein du
bassin
 - Il convient d’associer étroitement la population au choix, à la réalisation et au suivi de la source

En cas de captage par drainage :
- Une étude préalable du terrain doit être effectuée avec le plus
grand soin pour déterminer l’emplacement des tranchées, leur profondeur,
et le type de drainage à effectuer (si la zone est très étendue, il
faut envisager plusieurs systèmes de drains en T ou Y aboutissant sur
une même boite de captage).
- Le drainage modifie profondément le terrain sur lequel il est mis
en place. En effet, le terrain en surface autrefois gorgé d’eau devient
sec par rabattement de la nappe aquifère et il s’y produit une
modification du paysage et de la végétation auxquelles doivent être
sensibilisées les populations environnantes.

  6) Principaux avantages et inconvénients

Avantages :
L’eau collectée est généralement de très bonne qualité et directement consommable.
Les points d’eau utilisés sont souvent des points d’approvisionnement
traditionnels connus de la population (pas de rupture des
habitudes, facilité et sécurité d’utilisation)
Le débit d’eau est généralement régulier et pérenne, ce dont il faut
d’ailleurs s’ assurer au préalable , mais il peut y avoir des variations
saisonnières importantes de débit.
Le coût de réalisation est modeste. Les ouvrages sont durables moyennant un minimum de suveillanc.

Inconvénients :
En cas de nécessité de drainage :
 - Expertise importante nécessaire pour les travaux et coût plus élevé. 
- Précautions à prendre pour les travaux (des tranchées peuvent
 s’effondrer ou glisser)
 - Entretien régulier du site à prévoir et mutation du paysage

  7) Coût

Le coût varie selon le lieu et les caractéristiques de la source,
mais quelques exemples en donnent un ordre de grandeur. Ill est
généralement, sauf complications, sensiblement inférieur à 1000 €.
Ainsi en RDC le prix moyen (y compris frais de gestion et
de sensibilisation à l’hygiène mais avec main d’œuvre quasi gratuite de
la population) des sources aménagées par CARITAS a été de 670 € pour le
premier programme de 515 sources. Il est pour le programme en cours de
660 sources, où un effort important est fait pour la formation de la
population et de comités de gestion, de 810 €.
Autre exemple mais au BURUNDI : le coût moyen des 143 sources en
cours d’aménagement et équipées de bacs à lessive par CARITAS est de 620
€ hors frais de gestion et de formation.. Le coût de réalisation d’un
mini-réseau complet d’adduction d’eau de 6 km réalisé à partir d’une
source avec chambres de purge, réservoirs et bornes fontaines dans le
cadre du même programme s’élève à 47 700 €. La réhabilitation de 3
autres réseaux d’une longueur moyenne de 12 km ne revient cependant en
moyenne à 16 000 €. Les faibles frais de maintenance y seront
couverts par une participation de la population d’environ 0,07 €/m3 pour
les bénéficiaires de branchement et forfaitaire pour les autres.

  8) Exemples de réalisations

a) Programmes CARITAS en République Démocratique du Congo et au Burundi

- En RDC, au Kivu , Caritas a débuté en 2008 avec l’aide de l’Union Européenne un programme triennal
 de captage et d’aménagement de 660 sources, ainsi que de
sensibilisation à l’hygiène et à la gestion au profit de 44 000 familles
déplacées par les belligérants et qui ont pu venir ainsi se réinstaller
dans leurs villages (coût 534 000 €). Elle termine un autre programme
d’aménagement de 515 autres sources en cofinancement avec le Ministère
des Affaires Etrangères (345 000€)
- Dans la province de Gitega au Burundi, Caritas réalise avec
l’aide du SEDIF (Syndicat des Eaux d’Ile de France) un programme
d’aménagement de 143 sources, de réalisation ou de réhabilitation de
quatre réseaux d’adduction d’eau potable (42 km au total) au bénéfice de
48 000 personnes et construction d’un système de récupération d’eau de
pluie et de latrines dans 5 écoles éloignées (coût total 410 000€)
(Renseignements complémentaires disponibles au Département Afrique de
la Direction de l’action internationale du Secours Catholique - Caritas
France, 106 rue du bac 75 007 Paris)

b) Programme d’INTER AIDE en Ethiopie (Sadoye) : Captage avec drainage

Ce programme avait l’avantage de montrer que l’on peut surmonter des
difficultés imprévues. L’aménagement de ce captage n’avait en effet pas été
sans difficultés, notamment au niveau du creusement des tranchées. Le
terrain avait tendance à s’affaisser à cause de glissements de terrains,
ceux-ci étant particulièrement gorgés d’eau…
Les détails en avaient été donnés dans un article disponible sur :

  9) Où trouver davantage d’informations ?

a) Sites internet

- OIE (Office international de l’eau) et son accès à différents
sites, tel le Réseau RéFEA (Centre télématique francophone sur l’eau où
vous trouverez plusieurs fiches pratiques, courtes et précises : http://www.oieau.fr/ReFEA/fiches/Ea...
 - Inter Aide ( Association de solidarité internationale, Versailles
) : 2 documents clairs, illustrés et pratiques sur le captage de source simple ou
par drainage, téléchargeables directement aux deux adresses suivantes
http://www.interaide.org/pratiques_...

http://www.interaide.org/pratiques/... 

- PSEau (Programme solidarité Eau) : www.pseau.org . A la rubrique « Rechercher », écrire « Sources »
- SKAT (Swiss agency for development and cooperation) : Livre très
complet et illustré de 52 pages, en anglais, seulement, sur le captage
et l’aménagement des sources « Spring catchment ». Téléchargeable sur : http://www.skat.ch/publications/pra...
- WEDC (Water, Engineering Development Centre) site, en anglais
seulement, de l’Université de Loughborough qui édite de nombreuses
fiches techniques (« Technical Briefs) claires et synthétiques. Pour
obtenir celle du captage des sources, cliquer sur la ligne « Protecting
springs Brief N° 34 » :
http://www.lboro.ac.uk/well/resourc...

b) Vidéo

Daily motion : Courte vidéo de 2 ‘ « Comment trouver une
source ? » montrant comment un sourcier travaille avec
des Baguettes.Disponible sur : http://www.dailymotion.com/video/x4...

c) Bibliographie

Action contre la faim : « Eau - Assainissement – Hygiène pour les populations à risques »
Ouvrage de 745 pages dont les chapitres 10 et 11 concernent le captage et l’aménagement des sources

Une version électronique de cet extrait est désormais aussi disponible.


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